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Crédit immobilier: les taux vont-ils remonter en 2020?
01 Janvier 2020

Les premières remontées de taux apparaissent depuis quelques mois mais restent très limitées. Les banques devraient se montrer plus sélectives.

C'est l'éternelle question que les futurs acquéreurs immobiliers se posent en fin d'année: les taux de crédit vont-ils remonter l'année prochaine ? Après la chute libre enregistrée entre 2008 et 2016, la hausse puis la stagnation entre 2016 et début 2019 laissaient présager un contexte moins favorable (voir le graphique ci-dessous). Et pourtant...

Désireuses d'attirer toujours plus de clients, les banques ont de nouveau baissé leur taux. C'est ainsi que depuis mars dernier, les taux moyens, toutes durées confondues, ont signé huit records à la baisse consécutifs. En novembre, ils atteignent 1,12% selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Sur 15 ans, vous pouvez emprunter en moyenne à 0,87%, à 1,04% sur 20 ans et 1,3% sur 25 ans. Des taux exceptionnels qui ont relancé la machine à renégocier.

Alors qu'elles stagnaient autour de 17/18% au 1er semestre, les renégociations représentent désormais 26% des nouveaux crédits selon la Banque de France. On est loin des plus de 61% enregistrés début 2017 mais cette évolution «pourrait peser davantage encore sur la rentabilité du secteur bancaire», s'inquiète l'institution dans son dernier rapport sur les risques du système financier français (page 23).

Quid de 2020? «Le mouvement de renégociations de prêt pourrait encore durer quelques mois avant que le stock de crédits potentiellement renégociables ne se tarisse», explique Jérôme Robin, directeur général de Vousfinancer, courtier en crédit immobilier. Quant au taux de crédit immobilier, tout dépend de la Banque centrale européenne (BCE) auprès de laquelle les établissements financiers se financent à des conditions très avantageuses.

La nouvelle présidente de la BCE Christine Lagarde a confirmé, lors de sa prise de fonction, qu'elle maintiendra le cap de son prédécesseur Mario Draghi. Une aubaine pour les banques et leurs clients qui pourraient donc encore profiter de taux bas. «Même si, pour la bonne santé des banques, une légère remontée des taux (de 0,15 à 0,2 point en moyenne) serait souhaitable, les taux devraient rester favorables pour permettre au plus grand nombre d'acquérir un logement», analyse Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, courtier en crédit immobilier. A priori.

Pourquoi «a priori»? Car, entre-temps, les autorités financières ont jeté un coup de froid sur le marché. Inquiètes de voir l'endettement des ménages s'envoler et la rentabilité des banques se réduire, elles ont recommandé un plafonnement des taux d'endettement à 33% et de supprimer les emprunts sur plus de 25 ans. «Ces mesures ne sont pas contraignantes car elles sont déjà pratiquées par les banques, poursuit Philippe Taboret. Nous espérons toutefois que ces recommandations ne brideront pas l'accession à la propriété car l'immobilier constitue, pour les Français, un projet de vie essentiel et sécurisant pour leur retraite.» La part des emprunts sur 25 ans devrait se réduire au profit de celle des prêts sur 20 ans. Au grand dam des ménages les plus modestes.

Pour solidifier leur marge, certaines banques pourraient également être tentées de remonter leurs taux. Certaines, comme La Banque Postale et Société générale selon nos informations, l'ont déjà fait ces deux derniers mois mais les hausses restent très limitées: +0,1 point en moyenne. Et, selon Vousfinancer, elles devraient le rester en 2020. Les meilleurs profils (revenus élevés et bonne capacité d'épargne) ne devraient plus pouvoir profiter de conditions d'emprunt aussi exceptionnelles. «Les banques n'accorderont sans doute plus de prêts sur 20 ans à des taux inférieurs à 1% mais plutôt entre 1% et 1,5%», estime Maël Bernier, de Meilleurtaux.

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